Prendre le haut, prendre l’erre, suivre le passant

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Prendre le haut, prendre l’erre, suivre le passant est sans doute la photo dont je suis la plus fière parmi toutes celles réalisées dans le cadre du projet Artmeta : Regards croisés sur le bois. Dans ce cadre, je m’étais fixé pour objectif de réaliser des natures mortes en n’utilisant que du bois : branches, brindilles, pommes de pin, etc., ou comme ici, de simples morceaux d’écorce.
Les écorces sont maintenues dans des briques de mousse à fleurs dissimulées sous une fine couche de graines séchées. Mon idée de départ était de créer une ambiance un peu triste ; un désert d’arbres morts. Mais arrivée à ce stade, les écorces fichées dans le sol, il m’a semblé qu’il manquait quelque chose. J’avais repéré que certaines écorces avaient des formes animales ; celle en forme d’oiseau allait me donner cet élément de vie dont l’image avait besoin. J’ai volontairement laissé les baies collées à l’oiseau, seule note de couleur dans ce rendu monochrome. Avec l’oiseau, ces écorces ne me semblaient plus coincées et prisonnières du sol, déjà mortes peut-être, mais au contraire prêtes à suivre ce passant, à prendre leur envol… La symbolique s’inversait.
Le plus difficile a bien sûr été de faire tenir en apparente lévitation cet oiseau de bois… Ma première idée consistait à le faire tenir sur une tige fixée perpendiculairement au mur, mais j’ai très vite renoncé. La deuxième consistait à déplacer toute l’installation pour la rapprocher du mur et coller simplement l’oiseau au fond noir. Risqué et inélégant. Finalement, j’ai disposé deux planches de deux mètres de haut de chaque coté de la table, reliées par une ficelle. J’ai d’abord suspendu l’oiseau à la ficelle avec un fil noir fixé avec de la patafix au dos de l’écorce, mais ça n’allait pas : il se tortillait dans tout les sens et se stabilisait de travers… évidemment ! Je l’ai donc maintenu à la ficelle avec une large languette de papier noir, beaucoup plus stable.
Cette fois, c’était bon. Je le savais, je pouvais peaufiner mon cadrage et m’atteler à l’éclairage. Comme pour toute la série, j’ai utilisé des flashs de studio pour mettre en lumière cette photo. Deux flashs ont été nécessaires, l’un équipé d’une boîte à lumière, l’autre d’un bol. A droite, la boîte à lumière éclaire en douceur la scène, tandis que le bol situé en contre-jour à gauche vient donner une touche de lumière et dynamise l’ensemble.
Matériel :
  • Moyen-format 6×8
  • Objectif 100 mm
  • Pellicule 50 iso
  • Flashs de studio équipés d’une boîte à lumière et d’un bol

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